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BLOG EL MILIA DZ

TROIS SIECLES DE PRESENCE OTTOMANE

25 Mars 2009, 18:06pm

Publié par Nabil Mérimèche

TROIS SIECLES DE PRESENCE OTTOMANE

680 à 1546 - L'Algérie: de la conquête arabe à la conquête ottomane Après quelques siècles de paix relative sous l'autorité de Rome, le littoral algérien passe sous l'autorité de Byzance, héritière de Rome. Mais voilà que font irruption en 680 les armées de l'islam sous la conduite du célèbre Oqba, compagnon du Prophète.

 

Pénétration musulmane
La conquête arabe, à partir de la base de Kairouan, en Tunisie centrale, se révèle ardue du fait de la résistance opiniâtre des Amazigh). Ceux-ci perpétuent le souvenir d'une héroïne, la Kahina, qui combattit avec succès les troupes du général Oqba.

D'après les récits tardifs du grand historien musulman Ibn Khaldoun, la Kahina, de son vrai nom Dehia, était une Berbère des Aurès d'origine juive (son surnom aurait la même racine que l'hébreu Cohen). Nombreux en effet étaient en Afrique du nord les Berbères convertis au judaïsme depuis le début de notre ère.

Par réaction contre les exactions des gouverneurs arabes, les autochtones se rallient au kharidjisme, une secte musulmane qui évoque le protestantisme chrétien par son puritanisme et son rejet de la hiérarchie.

L'Afrique du nord est brièvement unifiée au XIe siècle par les Almohades venus du Maroc qui s'emparent du royaume berbère de Bougie et écrasent les Arabes de la tribu des Banu Hilal, venus d'Égypte un siècle plus tôt. La décomposition rapide de l'empire almohade entraîne à nouveau le fractionnement de l'actuelle Algérie en royaumes rivaux (Tlemcen, Bougie,...).

Les Espagnols en profitent au début du XVIe siècle pour prendre pied dans les ports : Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Le Penon (en face d'Alger). Menacé, le roi d'Alger appelle à son secours des corsaires, les frères Barberousse.

En 1516, ces musulmans d'origine albanaise s'installent à Alger. Ils évincent le roi et, quatre ans plus tard, instituent la Régence et se placent sous la protection virtuelle du sultan d'Istamboul. Ils s'allient à l'occasion avec François 1er pour combattre l'empereur Charles Quint et favoriser les desseins du roi de France en Italie.

Alger, après la disparition en 1546 du dernier des frères Barberousse, reste sous la domination des corsaires musulmans ou renégats (chrétiens convertis à l'islam) que les Occidentaux prennent très vite l'habitude d'appeler Barbaresques (sic) !......

1546 à 1830 - L'Algérie à la veille de la conquête française
Au début des temps modernes, au XVIe siècle, dans la Régence d'Alger comme dans les autres ports, Bougie ou Oran, les corsaires obéissent à un dey ou un pacha au pouvoir discrétionnaire, théoriquement vassal du sultan d'Istamboul mais en fait indépendant.

Leur principale source de revenus est la guerre de course en Méditerranée, en d'autres termes la piraterie. Des recéleurs européens revendent le fruit des rapines en passant par le port franc de Livourne, en Italie.

Repaire de corsaires
On évalue à un million le nombre d'Européens de l'Ouest qui sont enlevés par les Barbaresques au cours de batailles navales et de razzias sur les côtes européennes, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Les prisonniers sont réduits en esclavage dans les propriétés et les harems d'Afrique du Nord.

Les plus chanceux, comme le soldat Cervantès en 1575, sont libérés contre rançon. Quelques-uns arrivent à s'évader. C'est le cas du prêtre Vincent de Paul, futur saint de l'Église catholique, qui a été réduit en esclavage à Tunis en 1605. Les autres prisonniers n'ont guère d'autre choix que de se convertir. Cela nous permet de penser que la plupart des Algériens actuels ont des ancêtres provençaux ou corses.

Au XVIIe siècle, le roi de France Louis XIV relance la guerre contre les corsaires d'Alger et de Tunis en vue d'assainir la Méditerranée (et pour s'acheter une conduite de bon chrétien). Les galères d'Abraham Duquesne et de René Duguay-Trouin délivrent de la sorte de nombreux prisonniers chrétiens. Ces derniers, de retour en France, conservent le souvenir de leur captivité dans leur patronyme. Ainsi, les noms de famille comme Maury, Maureau, Moreau,... tous dérivés de Maure, évoquent un lointain ancêtre délivré par les galères de Louis XIV.

L'Algérie fantasmée
Au début du XIXe siècle, les Occidentaux imaginent encore Alger comme une caverne d'Ali Baba, pleine de trésors. Les peintures de Delacroix (Femmes d'Alger,...) reflètent ces fantasmes. Dans les faits, la guerre de course est depuis longtemps moribonde quand les Français débarquent à Sidi Ferruch, et Alger n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Alban Dignat.

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