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BLOG EL MILIA DZ

L'EXPÉDITION D’OSMANE-BEY (Le Borgne) CONTRE

26 Mars 2009, 15:04pm

Publié par Nabil Mérimèche

L'EXPÉDITION D’OSMANE-BEY (Le Borgne) CONTRE
BOU-DALI-BEL-AHRÈCHE, A EL-MILIA 

 

 


Par : Ernest MERCIER (Extrait)   

 [...] Après  l’attaque de Constantine par  Boudali et les Kabyles des Beni-Fergen et des Beni-Amrane, la nouvelles produit une grande émotion à Alger[…], Osmane-bey reçut l’ordre d’agir avec la plus grande vigueur et, dans le courant du mois d’août 1804, il se mit en marche à la tête de 4,000 fantassins turcs et Zouaoua, avec 4 pièces de canon et 3,500 cavaliers auxiliaires. La colonne atteignit sans encombre El-Milïa et procéda à quelques exécutions chez les Oulad-Aïdoun. Ce fut alors qu’un marabout des Béni-Sebih, nommé Ben-Bagherich , vint se présenter au camp du dey, et affirma qu’il avait, par son influence, pacifié toute la contrée; des députations des tribus de la région le suivaient et confirmèrent ses dires. Osmane leur pardonna généreusement, surtout après avoir reçu d’elles la promesse que le Chérif lui serait livré.  

Mais les jours s’écoulaient dans l’inaction et, comme le bey perdait patience, le marabout lui annonça que Bou-Dali était aux Mechate et que les indigènes n’osaient mettre la main sur lui. D’après son conseil, le bey se décide à y envoyer un corps de troupes, avec l’aga. C’est
Ben Bagherich qui servira de guide. Et alors l’armée s’enfonce dans des ravins qui deviennent de plus en plus abrupts et sauvages, où elle s’égrène et se disloque. Tout à coup, on apprend, par un groupe de gens des Oulad-Athia, que le Chérif a été transporté plus loin! On s’arrête, le désordre est à son comble; à ce moment, toutes les pentes se couvrent de feux de mousqueterie.

 

  Chaque touffe de broussailles, chaque pierre cache un ennemi tirant à coup sûr. Les Turcs, affolés, sont frappés par des adversaires invisibles, et roulent au fond du torrent. Ben-Bagherich avait été atteint l’un des premiers, soit qu’il eût été lui-même victime de la fourberie des Kabyles, soit par le fait d’une erreur. Malgré leur affreuse position, les Turcs survivants résistèrent encore durant quatre jours; enfin, le bey put être prévenu.  

Aussitôt, laissant ses bagages à El-Milia, Osmane-bey se mit en route afin de porter secours à ses gens. En raison de la difficulté du terrain, il avait divisé ses forces en trois corps. Parvenu chez
les Beni-Habibi, il dispersa, au moyen du canon, les gens qui bloquaient l’ag’a et parvint à le dégager ainsi que les quelques survivants restés avec lui. Cela fait, le bey ordonna la retraite; mais il rencontra les contingents des tribus,précédemment soumises, qui lui barrèrent le passage et l’amenèrent ainsi à la fatale résolution de s’élancer dans une gorge profonde et encaissée qui porte le nom de Kheneg, près du col qui met en communication le pays des Beni-Fergane avec celui des Beni-Belaïd.  

C’était là que les Kabyles l’attendaient en grand nombre; à peine y était-il engagé que, de toute part, crépita la fusillade, tandis que les gens sans armes faisaient rouler sur lui et les siens des quartiers de roches. La grande fondrière du ravin est bientôt remplie de cadavres et de mourants. En vain Osmane-bey se multiplie pour sauver la situation. Son cheval, atteint d’une balle, roule avec lui dans le bourbier.

Dés lors, le combat n’est plus qu’un véritable massacre où chaque soldat est déchiré par dix forcenés, hommes et femmes.
On dit que le marabout Zebbouchi, présent à l’action, se jeta lui-même sur le bey, l’acheva de sa propre main et lui fit couper la tête qu’il envoya au chérif Bel-Ahréche chez les Beni-Fergane.  

Presque toute l’armée périt dans celte malheureuse campagne, car le camp d’El-Milla avait été attaqué en même temps, de sorte qu’il ne rentra à Constantine que des fuyards isolés, semant partout la terreur et la consternation.
Si les marabouts avaient su profiter de l’effet produit par ce désastre, ils se seraient probablement emparés de Constantine. Bou-Dali préféra continuer à torturer de ses propres mains ses captifs chrétiens de La Calle(1).  

(1)Féraud, Hist. de Djidjeli (Soc. Arch., 1870, p. 186 et suiv.).  

Source : HISTOIRE DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE (BERBÉRIE)- PAR   Ernes...

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