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BLOG EL MILIA DZ

Articles avec #histoire

Les Kotamas d'après IBN KHELDOUN

25 Mars 2009, 19:05pm

Publié par Nabil Mérimèche

I-Aperçu Historique:


Selon IBN KHELDOUN, la tribu de KOTAMA est l’une des plus importantes branches des baranis, « Issues des tribus Amazighs ou berbères, historiquement connues au Maghreb arabe, et qui, selon les généalogistes berbères elles descendent toutes de leur ancestral « Bornes Ben Kotem ». Cependant que les généalogistes arabes disent que cette tribu est l’une des sous-branches de la grande tribu arabe « Himieur » en provenance du sud de la presqu’île arabe, c’est ce que rapportent les deux historiens arabes El- KALBI et Tabari.

Selon cette version, le premier roi de cette dernière, le dénommé « FRIKECHE BEN SAIFI », dont leur territoire fut baptisé par son nom qui devint ensuite le nom de toute l’Afrique, (Continent), est l’un des rois de Yémen des antiquités et serait alors le premier qui occupa l’Afrique et tua son roi DJERDJER.

La tribu de Kotama suivant la première version, aurait donc généré deux branches principales qui sont : "Ghersen et yassouda" , d’où proviennent toutes les sous branches de KOTAMA citées par les historiens, et ses éléments devaient être, selon cette hypothèse, des éléments locaux originalement attachés à cette terre dés l’aube de l’histoire, et qu’ils ne sont nullement pas le fait des vagues d’immigration provoquées par les centres d’influence des antiquités dont le nord de l’Afrique aura été leurs théâtres, quoi que les kotamas, comme tout les habitants du Maghreb, n’étaient pas à l’abri de l’infiltration des éléments étranges qui se sont intégrés par le biais de mariage, de ralliement ou de coexistence à travers le long voisinage.

Quelles que soient les hypothèses et arguments sur lesquels se sont basées les deux versions, il est à noter que les généalogistes arabes et berbères ne semblent pas êtres divergents que les Baranis (les Abranis) sont les enfants de Bornos ben Borre ben Mazigh ben Canaan ben hem.(Fils de Noé).

On conclue donc, et toujours selon Ibn khaldoune, que les Baranis et les Palestiniens ont les mêmes liens de parentés et appartiennent aux mêmes origines.

Enfin, quelles que soient les origines de cette tribu il y à lieu de souligner que la tribu de KOTAMA, était la plus importante des tribus berbères au Maghreb central au moyen âge de par son nombre et sa renommée.


II- LE TERRITOIRE DE LA TRIBU KOTAMA ET SES CENTRES URBAINS IMPORTANTS:


Les KOTAMAS se sont établis en Afrique du Nord depuis les antiquités, dans les mêmes circonstances que leurs frères de la tribu « El-Bitre.

Dans l’histoire ancienne la région de KOTAMA faisait partie des territoires de Numidie, et durant l’occupation romaine elle fut rattachée en Mauritanie Sétifienne dont le centre était Sétif, le territoire de la tribu KOTAMA s’étend au nord sur la région comprise entre Bejaia et Dellys à l’ouest et Annaba à l’est jusqu’aux limites de la Hodna et les Aurès du côté sud et sud-est jusqu’à Guelma et Souk-Ahras à l’est , ils ont des bastions connus dans l’espace de cette région, citant entre autre, les grands centre urbains connus aujourd’hui comme : Guelma , Souk-Ahras , El-Kala , Annaba , Skikda , Collo, Jijel ,Constantine, Mila, et Sétif. En outre des petits centres urbains situés dans la région des Aurès nonobstant leurs anciennes cités mentionnées par les ouvrages d’histoire tels que Ikjen, aux environs de Beni-aziz dans la wilaya de Sétif, Bellazma, Baghaya et autres.


III-LE ROLE HISTORIQUE DE LA TRIBU KOTAMA
:


Les historiens notent que la tribu kotama est la plus farouche et irrésistible en défendant leur territoire, elle a toujours résisté aux tentatives d’invasions des envahisseurs et d’occupations étrangères, notamment romaines, vandales et byzantines.

L’effondrement progressif de l’empire romain au début du 5e siècle eu un impact positif et facilita l’émancipation des paysans de la domination romaine dont l’invasion byzantine l’on en a facilité aussi, bien que cette dernière eue été plus pire que sa précédente à causes des destructions et ravages qu’avaient subi les populations et leurs biens. Cependant, les KOTAMA continuèrent à résister jusqu’à l’avènement de l’islam au début du 8e siècle (710), et depuis, les KOTAMAS eurent leurs propres états et leurs propres chefs durant cette époque.

Les Kotamas embrassèrent l'islam malgré les troubles et événements qui eurent lieu à cause de la "RIDDA" (L’apostasie des berbères ), cet acte déclencha alors des affrontements entres eux et les troupes arabes , mais la situation se rétablie enfin de compte, bien entendu après que les objectifs non matérialistes et les principes nom complexes des nouveaux venus puissent êtres bien assimilés par les Amazighes, dés là, les Arabes et les berbères œuvrèrent ensemble pour chasser définitivement les Byzantins et romains de leur pays , cette intégration émergea donc, une nouvelle société fondée sur de nouveaux principes permettant la mise en places de plusieurs Etats successifs, historiquement connus et alors les territoires des KOTAMA passèrent sous l’autorité successive des Aghlabides , des Zirides , des Hammadides puis des Almohades .

Au début du 10e siècle, KOTAMA était la plus puissante des tribus berbères du Maghreb de l’époque, elle constitua avec les Fatimides une coalition contre les abbassides en sympathisant les ismaélites partisans de la famille du prophète, pour finir enfin, par abriter et soutenir cette nouvelle doctrine et puisse renverser le pouvoir des Aghlabides en Tunisie, leurs rôle était donc déterminant à la fondation de l’Etat Fatimide auquel ils devinrent son protecteur et son armée fidèle, et que bon nombre d’entre eux furent engagés dans les troupes de Jawhare le Sicilien commandant de l’expédition Fatimide en Egypte, qui, après plusieurs tentatives entra à El-Fostate le 17 chaâbane 358 h., 1069. Et ils y construisirent le Caire, les Kotamas prirent prés du Caire un camp pour y demeurer une force militaire redoutable au service du khalifat Fatimide et conduisirent ensuite des expéditions contre les abbassides jusqu’à DAMAS ; Au CAIR comme à DAMAS on y trouve respectivement , le quartier des kotamas (HAI El- KOTAMYINES ) et la places des maghrébins (HARAT EL MAGHARIBA) .

 cause des attitudes de cette tribu, ses éléments furent, dans différentes périodes et dans plusieurs régions, objet de répression, et représailles des abbassides et de leurs alliés.


IV-LES CARACTERISTIQUES SOCIALES DE CETTE TRIBU ET SON APPORT CULTUREL:


Cette tribu s'est distinguée par son courage, sa volonté de vouloir protéger les réfugiés, le respect des homes de science, l’hospitalité et l’attachement aux principes, se sont là les caractéristiques les plus anciennement connus des populations de la tribu de KOTAMA. Il est bien certain que ces caractéristiques et ses bonnes habitudes, contredisent les mauvaises habitudes, qui ne sont d’ailleurs que des mensonges, attribués par certains historiens aux populations de cette tribu, sachant bien que les KOTAMAS aient appris les enseignements de la religion musulmane, qui est seule en mesure de les faire éloigner de tout mauvais comportement et mauvaise moralité du genre que rapportent certains historiens, et que leur contribution à la propagation de l’islam et la promotion des sciences dans tous les domaines émergea de très grand savants que nous ne pouvants les cités tous dans ce passage.

Sur le plan linguistique, toutes les branches de la tribu KOTAMA seraient totalement arabisées à l’exception de « ZOUAOUA » dont le taux d’arabisation est resté très faible à l’époque.


V-LES BRANCHES DE LA TRIBU KOTAMA ET LEUR IMPLANTAION
:


Les historiens pensent que toutes les branches de KOTAMA remontent aux deux principales branches : Ghersen et Yassouda, ben kotam et de Ghersen descendent toutes les tribus implantées aujourd’hui à travers le territoire de la wilaya de JIJEL et quelques wilayas limitrophes ; Plus précisément des deux sous branches Beni-Yannaoua et Beni- Yentasen.

Parmi les plus importantes tribus des Beni-yannaoua on cite entre autres :

a- Djimla, cette grande tribu se trouve actuellement dans la région dite Djimla (commune ) jusqu’à Tassala dans la wilaya de Mila et les limites d’El-Eulma dans la wilaya de Sétif (il existe encore les Beni Yenni en Kabylie).

b- tribu des M’salta (tala-ifassen) entre Sétif et Akbou ainsi que d’autres localités dans le territoire de KOTAMA .

C’est également : de Beni-Yontasen descend la tribu « Idjana (actuellement Ouadjana ) qui se trouve dans l"espace situé entre Taher et El-milia où on y trouve la tribu de Beni-Mouaâde, commue jusqu’aujourd’hui par ce nom dans la région d’El-Milia.

Et de Beni-Yassouda, la tribu de « METTOUSSA » dont une sous- branche se trouve parmi ceux de Djimla, c’est « METTOUSSINE », citant aussi le village de METOUSSA dans la wilaya de BEJAIA (Bougie) .


LA CONCLUSION:


Aujourd’hui, il parait difficile, voir impossible d’identifier les différentes tribus et branches de KOTAMA, compte tenu des circonstances historiques que connu notre pays depuis déjà des siècles au cours desquelles un mouvement migratoire vers l’Afrique du Nord et vis-versa, où un brassage s’est accomplie dont le dernier épisode est bien le résultat du régime d’état civil français qui a aboli d’une manière radicale le système tribal à des fins colonialistes, qui en contre partie, malgré ses effets positifs, il a mis en cause une rupture avec les origines sociales de la majorité du peuple algérien.

De ce fait, il est impossible aujourd’hui de recourir au système tribal, mais plutôt il nous faudra l’étudier pour mieux connaître les origines profondes de cette nation, tout en admettant la réalité confirmée qu’est la fusion de différentes races immigrantes vers cette région, produisant une société multiraciale où prédominent les deux races amazigh et arabe.

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Histoire de la tribu de Kotama 1ère Partie

25 Mars 2009, 18:58pm

Publié par Nabil Mérimèche

Ketâma. (Première Partie)

La tribu des Ketâma occupe une place importante dans l’histoire de la Berbérie au moyen âge; elle est aussi une des premières qui aient disparu. Au commencement du Xe siècle, elle fut le principal instrument de l’élévation des Fatimites. Au milieu du XIIe siècle, elle était déjà sur le point de s’éteindre. Au XVIe siècle, elle avait entièrement disparu, ou du moins son nom avait été effacé sur le sol du Maghreb.

Situation Géographique

Voici les diverses positions dans lesquelles les auteurs arabes signalent la présence des Ketâma, durant le XIe et le XIIe siècle :
Au XIe siècle , ils occupaient Constantine, bien que la population de cette ville fût un mélange d’autres tribus, de celles qui habitaient Mila, Nifzaoua et Kastilia (Tôzer)(1). Dans le même temps, ils habitaient une ville de Mers-ez-Zedjadj, située sur la côte de la Kabylie , entre Dellis et Bougie, à l’ouest des Benou-Djennâd(2).

Au XIIe siècle , leur territoire s’étendait depuis les environs de Sétif jusqu’au delà des tribus de Kollo et de Bône(3). Dans les environs. de Sétif, ils habitaient une montagne appelée Atekdjân(4). On les retrouvait encore avec les Mzâta, à moitié chemin entre Tifêch et Msîla, ce qui correspond aux environs de Mîla(5).
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1 Bekri, p. 516.
2 Ibid. p. 518, 5i9.
3 Édrici, p. 246.
4 Ibid.
5 Ibid. p. 272
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En dehors de ce groupement, qui est à la fois le plus considérable en étendue et le plus ancien en date, Édrici signale un autre établissement de Ketâma qui, de son temps, existait dans l’Ouarensenîs(3 ). Ils s’y trouvaient avec d’autres tribus, parmi lesquelles Édrici comprend les Zouaoua.

Or Ebn-Khaldoun classe les Zouaoua sous la dépendance des Ketâma(4). Ainsi la réunion des Zouaoua et des Ketâma forme un nouveau centre de population d’origine ketâma, transplanté dans les montagnes de l’Ouarensenîs, à l’ouest du gisement originel de la tribu.
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1 Ebn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 67.
2 Ibid. p. 147.
3 Édrici, p. 231.
4 Nouv. Journ. asiat. t. II, p. 126.
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De l’ensemble de ces témoignages il résulte que la tribu des Ketàma occupait :

1°/ Dès l’origine de la domination musulmane, la partie du massif méditerranéen comprise entre le méridien de Sétif et celui de Bône ;

2°/ Au XIIe siècle, une partie du massif de l’Ouarensenîs.

L’histoire représente les Ketâma comme une tribu remuante, indisciplinée et dissolue. Aussi les gouvernements africains, même celui qui lui dut son avènement, saisirent-ils avec empressement toutes les occasions de les éloigner et de les disperser.

Durant les guerres des Almoravides et des Almohades dans la péninsule, des milliers de Ketâma passèrent en Espagne. L’armée que le khalife obeïdite Moezz-lid-Dîn envoya en Égypte était en grande partie composée de Ketâma. Au XIIIe siècle, on voyait encore, sur les bords du Nil, beaucoup de ruines provenant des édifices démolis par les guerriers de cette tribu.

Les documents que l’histoire nous a conservés sur la participation des Ketâma aux mouvements qui agitèrent l’Afrique durant le moyen âge prouvent combien, dans l’appréciation du génie et du caractère berbère, il faut tenir compte des différences profondes qui existent entre les différents peuples de cette race, et qui se sont perpétuées jusqu’à nos jours, ainsi que je le ferai voir, lorsque je traiterai l’époque actuelle.

Ils Apparaissent pour la première fois en 765

C’est vers l’an 148 de l’hégire (765) que les Ketâma paraissent pour la première fois en nom dans l’histoire . A cette époque, le gouverneur de l’Afrique, Ebn-el-Achât , venait d’être chassé par les Arabes, qui, de leur côté, donnaient fréquemment aux Africains l’exemple de l’indiscipline ; à la place d’Ebn-el-Achât, le khalife avait nommé El-Aghlâb-ben-Sâlem, gouverneur de Tobna et du Zâb.

A peine s’était-il installé à Kaïrouân, qu’un certain Abou-Kara-el-lar’arni se souleva à la tête d’un parti de Berbers. El-Aghlâb se porta à sa rencontre et le mit en fuite ; mais, au moment de le poursuivre, ses troupes lui refusèrent l’obéissance et entrèrent en révolte ouverte(1).

 

 

 



La dynastie des Fatimites est aussi connue sous le nom d’Ismaélites. Elle appartenait à la secte des Chiites, née en Orient dès les premiers temps de l’islamisme, et qui ne reconnaissait, pour successeurs légitimes de Mahomet, que ses descendants en ligne directe, par Ali, son gendre, et sa fille Fâtma.

A leur postérité seule appartient l’imâmat, c’està-dire le gouvernement spirituel et temporel du monde musulman. Ali est le premier des imâms. Le dernier, qui est maître de la fin des temps, doit paraître un jour avec Jésus-Christ et le prophète Élie, pour combattre l’Antéchrist et réunir en une seule la loi chrétienne et la loi musulmane. Il porte le nom d’El-Mohdi.

Tel est le fondement sur lequel repose le chiisme; mais les Chiites ne sont pas d’accord sur le nombre des imâms. La secte des Imâmis, qui est celle des Persans, en reconnaît douze. Suivant eux, le douzième, né en 255, à Sermenraï, fut enfermé à l’âge de neuf ans dans une citerne, où il est resté vivant depuis cette époque,
pour en sortir à la fin du monde et assister, avec le prophète Elie, à la résurrection de Jésus-Christ.

La secte des Ismaélis n’admet que sept imâms, qu’ils appellent les imams cachés, parce qu’ils furent obligés de se tenir cachés pour se soustraire aux persécutions des Abbassides. Le septième était Abdallah, nommé aussi Ah’med, père du Mohdi qui fonda la dynastie des Fatimites.

C’est donc à l’école des Ismaélis que cette dynastie appartenait .

 

 

 

 

Ce ne fut, pendant longtemps, qu’une branche ordinaire du chiisme; mais vers l’an 250 de l’hégire, le chef des Ismaélis, nommé Abdallah, entreprit de réunir et de coordonner tous les principes de sa secte. Il en forma un corps de doctrine mystique aboutissant au matérialisme et à l’abolition de tous les préceptes religieux, qu’il réduisit à de simples allégories.

L’enseignement fut habilement divisé en sept degrés, qui amenaient progressivement le néophyte à s’affranchir de toute obligation religieuse, à ne plus reconnaître ni l’existence de Dieu ni aucune règle de morale ; à n’attendre plus ni châtiments ni récompenses après cette vie, et à devenir enfin un vrai zendiki ou matérialiste.

Cette doctrine, qui a donné naissance à la secte des Druzes, fut enseignée dans le Maghreb au moment de l’élévation des Fatimites ou Ismaélites. Elle dut s’introduire plus particulièrement et pénétrer plus profondément dans la tribu des Ketâma, qui furent leurs premiers partisans(1).

Abdallah se rendit célèbre par sa science et son zèle pour la propagation du chiisme. Il avait établi sa résidence à Ahwaz ; mais la persécution des Abbassides le força de quitter cette ville ; il se retira d’abord à Bosra, puis à Salamia en Syrie.

 

C’est là qu’il eut un fils connu dans l’histoire sous le pseudonyme d’Obeïd-Allah, quoique son véritable nom fait Saïd, et qui fut le Mohdi. Au moment où il parut, la doctrine des Ismaélis avait déjà fait de grands progrès. Elle les devait surtout au prosélytisme actif des da’ï ou missionnaires envoyés par Abdallah et par ses successeurs dans les différentes provinces musulmanes, où ils initiaient les peuples à la doctrine nouvelle et les entretenaient dans l’attente du Mohdi.

Abou-A’bd Allah emissaire du Meh’di chez les Kotamas


Le plus fervent de ces da’ï, nommé Ebn-H’aoucheb, annonçait déjà la venue du Mohdi comme prochaine, et exhortait le peuple à se soumettre à lui. Une prophétie, que l’on faisait remonter à Mahomet, contribuait au succès de ces prédications. Elle portait qu’au bout de 300 ans le soleil se lèverait du côté du couchant ; or on était à l’année 278 de l’hégire, et la fin du IIIe siècle approchait.

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(1) Cette doctrine a été exposée, d’après Makrizi et Nowairi , dans l’introduction de la religion des Druzes, par M. Sylvestre de Sacy, auquel nous empruntons la plupart des détails qui précédent et qui suivent.
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Abdalah se rendit d’abord à la Mecque , où il se mit à la recherche des pèlerins ketâma. Il lia connaissance avec eux, leur raconta beaucoup de choses qu’ils ignoraient, et captiva leur attention. Ils s’informèrent du but de son voyage. Il leur répondit qu’il allait en Égypte, et, comme ils devaient suivre la même route, ils lui offrirent de voyager avec eux.

 

 

 

Le Massif des Beni-Slimane est le point de départ des soulèvements fatimides



Enfin les voyageurs atteignirent le pays des Ketâma vers le milieu de rebî-el-aouel 280 (mai 893). Là ce fut encore à qui le posséderait ; mais Abdallah les mit d’accord en leur demandant où était la vallée des Gens de bien . Cette question les étonna beaucoup, car c’était une localité dont ils ne lui avaient jamais parlé.

Ils répondirent qu’elle se trouvait dans le territoire des Beni-Slimân . — « Eh bien, dit Abdallah, c’est là que je dois aller d’abord, et je reviendrai ensuite vous visiter. » Puis il les quitta et se dirigea vers la montagne d’Atekdjân , qui renferme la vallée des Gens de bien (1).

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(1) Il n’est pas sans intérêt de rechercher quel a été le point de départ de cette grande révolution, qui prit naissance au centre de l’Algérie, et eut pour principal auxiliaire la population des montagnes comprises entre Bougie et Bône.

Il est hors de doute que la montagne appelée
Aïkedjân par Ebn-Khaldoun, Atekdjân ou Abekdjân par Édrici, Ankedjân par M. Sylvestre de Sacy d’après Makrizi et Nowaïri, fut le quartier général d’Abou-Abdallab. Dans cette montagne se trouvait une vallée, dite des Gens de bien
, mentionnée par Nowaïri et par M. Sylvestre de Sacy.

Cette vallée se trouvait elle-même dans le territoire des Beni-Slîmân . Elle devait être située dans le voisinage de la tribu des Msâlta, appartenant aux Ketâma, et qui fut une des premières â repousser les prétentions d’Abou-Abdallah.

Ces indications, rapprochées de celles que fournit la géographie actuelle, permettent de fixer approximativement le point de départ de la révolution fatimite
.

La tribu des Beni-Slimân est une des plus considérables de la Kabylie. Elle occupe, comme on sait, le haut massif qui porte son nom et dont les principaux contreforts, le Kendirou et le Bou-Andas , dominent le golfe de Bougie.

Elle a pour voisine la tribu des Msâlta, comptée aujourd’hui comme arabe, bien que son nom et sa contiguïté au massif kabyle lui assignent une origine berbère. Sa résistance même à l’invasion des doctrines ismaélites, et le concours que son chef prêta à l’émir aghlabite et à la cause arabe qu’il représentait, expliquent l’infusion qui s’opéra en elle, de la langue et du sang arabe.

 

 

 

 

Il est vrai que les renseignements fournis par Édrici sembleraient placer le quartier général d’Abou-Abdallah plus près de Sétif. « Près de Sétif, dit-il, est une montagne appelée Atekdjân [ou Abekdjân] habitée par les Ketâma. On y voit une citadelle qui appartenait autrefois aux Beni-H’ammâd ; près de là, vers l’ouest, est la montagne de Haloua, distante d’une journée et demie de Bougie. »

Il est impossible de discuter des renseignements aussi vagues : ainsi, que signifient ces mots : Près de Sétif, près de là ? L’extrémité du territoire actuel des Beni-Slîmân se trouve à une journée et demie de Bougie, et à peu prés à la même distance de Sétif. On ne peut donc rien induire du témoignage d’Édrici, et il reste celui d’Ebn-Khaldoun relatif à la tribu des Msâlta, et celui de M. Sylvestre de Sacy qui, d’après Makrizi et Nowaïri, place la vallée des Gens de bien et la montagne d’Abékdjân, d’Anekdjân, d’Atekdjân ou d’Aïkdjân dans le territoire des Beni-Slimân.

D’après ces considérations, nous assignons pour point de départ, à la révolution fatimite accomplie par les Ketâma, le massif montagneux des Beni-Slîmân qui domine le fond du golfe de Bougie.

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Le nom d’Abdallah, ou, comme on l’appelait, du Mcherki (l’homme de l’Orient), se répandit avec la rapidité de l’éclair dans toutes les tribus du Maghreb. De tous côtés on accourait pour le voir; les Berbers surtout venaient en foule lui apporter leur soumission.

Plusieurs tribus, qui essayèrent de lui résister, furent réduites par les armes. Les Ketâma eux-mêmes n’étaient pas unanimes dans leur adhésion. Au nombre des tribus Ketâma qui protestèrent contre son autorité furent les Msâlta, dont le chef, vaincu par Abou-Abdallah, se retira auprès de l’émir aghlabite Abou-el-Abbâs et ne cessa d’exciter ce prince à le combattre.

 

 

 

 

 

C’était sous le règne d’Ibrahim, son prédécesseur, qu’Abou-Abdallah avait commencé ses prédications. Ce prince, informé de ses démarches, avait demandé des renseignements au gouverneur de Mila ; mais celui-ci lui avait représenté Abou-Abdallah comme un homme peu dangereux. Cependant son parti grossissait tous les jours. Sous le règne d’Abou-el-Abbâs, il se rendit maître de Tazrout (1) et de Mîla. Alors seulement l’émir se décida à envoyer des troupes contre lui. Un premier engagement ne fut pas favorable à Abou-Abdallah, et il dut se replier sur son quartier général d’Atekdjân; mais bientôt après il prit sa revanche et obtint sur les troupes aghlabites un avantage décisif.

Abou-Abdallah, qui jusqu’alors n’avait pas encore prononcé le nom du Mohdi, profita de cette occasion pour rompre le silence, et il annonça hautement son avènement prochain. En même temps il dépêchait à Obeïd-Allah quelques Ketâma dont il était sûr, pour l’informer du succès qu’il venait d’obtenir et l’engager à se rendre dans le Maghreb, où il était attendu.

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(1)
Le nom de Tazrout est assez commun dans la géographie berbère. C’est la forme féminine d’azrou qui signifie rocher. Je crois que la localité dont il s’agit ici est le Tazrout situé sur une montagne près d’Ain-Seggân, une des sources du Roumel. On y voit encore les ruines bien conservées d’une ancienne forteresse.


A Suivre...

 

Chemin faisant, il les interrogea sur le pays qu’ils habitaient, sur leurs tribus, sur leur manière de vivre et sur leurs relations avec le sultan de l’Afrique. Les Ketâma lui apprirent qu’ils ne reconnaissaient pas le sultan de l’Afrique pour leur maître ; qu’il y avait une distance de dix journées de marche entre leur pays et le siège de son autorité. Il s’informa d’eux s’ils portaient les armes; ils répondirent que c’était leur métier.

 

Arrivés en Égypte, ils lui proposèrent de venir avec eux dans leur pays, ce qu’il accepta. En approchant, ils rencontrèrent d’autres Chiites, auxquels ils racontèrent. Loin ce qu’ils savaient d’Abdallah. Ceux-ci, à leur tour, voulurent le posséder; on fut sur le point d’en venir aux mains; cependant on convint de s’en remettre au sort.

Ebn-H’aoucheb, après avoir fait de nombreux prosélytes dans l’Irak et dans l’Iemen, jugea que le moment était venu de diriger ses efforts vers le Maghreb. Il y envoya donc deux da’ï, qui allèrent s’établir dans le pays des Ketâma, l’un à Modmadjenna , l’autre à Souk-Hamar . Après quelques années de séjour, pendant lesquelles ils surent captiver l’affection de leurs hôtes, ils moururent tous deux presque en même temps .

 

Ebn-H’aoucheb apprit à Aden la mort de ses deux émissaires. Il désigna pour les remplacer et continuer les prédications dans le Maghreb un Chiï fervent, nommé Abou-Abdallah-H’aceïn , qui était venu se fixer auprès de lui.

Cette sédition intestine avait pour instigateur et pour chef un général arabe, lieutenant d’ El -Aghlâb , nommé H’acen-el-Kendi . Le gouverneur, à la tête des troupes restées fidèles, essaya de tenir tête à l’orage; mais il fut tué dans un combat. Ses troupes nommèrent à sa place un autre chef, qui se mit en devoir de combattre H’acen. C’est alors que celui-ci, quoique Arabe de naissance, se réfugia dans le pays des Ketâma, et l’historien Ebn-Khaldoun ajoute que le gouverneur n’osa pas l’y poursuivre(2).

Cet événement avait lieu en 150 de l’hégire, un siècle après l’entrée des Arabes, et l’on voit qu’à cette époque le massif montagneux qui borde la Méditerranée dans l’étendue de la province de Constantine était encore indépendant de l’autorité arabe.
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1 Ebn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 59.
2 Ibid. p. 60.

 

 

 

En 891, ils aident Obeïd-Allah à renverser la dynastie Arabe des Aghlabites.


En 278 de l’hégire, ils étaient tombés sous la dépendance des gens de Bellezma, qui les prenaient comme serviteurs et comme esclaves, et leur imposaient des tributs onéreux. Ils réclamèrent contre ce joug auprès de l’émir aghlabite Ibrahim-ben-Ah’med, qui les en affranchit par un procédé conforme aux habitudes des Arabes. Il attira à Rekkâda, où il résidait, un grand nombre d’habitants de Bellezma et les fit égorger(1).

 

Cette révolution était à la fois religieuse et politique, comme devaient l’être plus tard celle des Almoravides et celle des Almohades ; mais elle en différait essentiellement en ce que ces deux dernières rappelaient à l’observation plus rigoureuse des préceptes et des pratiques de la loi musulmane, tandis que les doctrines fatimites altéraient profondément le culte et la morale, et réduisaient le dogme à des allégories(2).
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1 Nowaïri, traduit par M. N. Desvergers, p. 129.
2 Exposé de la religion des Druzes, par S. de Sacy, dans l’introduction.
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C’est sous l’influence de cette doctrine, dont les Ketâma favorisèrent la propagation, que s’introduisit chez eux cette étrange dépravation de moeurs, signalée et flétrie par Édrici deux siècles et demi plus tard, et observée encore de nos jours dans plusieurs des tribus établies sur le territoire qu’ils ont occupé.

Comme cette révolution se lie étroitement à l’histoire de la tribu qui fait le sujet de cette notice, nous allons en exposer, aussi brièvement que possible, l’origine et les principaux incidents.

Ce guet-apens, dont l’histoire de la domination arabe en Afrique offre plus d’un exemple, reçut bientôt la récompense qu’il méritait. Quelques années après, la révolution qui renversa la dynastie des Aghlabites, pour élever à leur place les khalifes fatimites, partait du pays même des Ketâma et s’accomplissait par les bras de ces Berbers.

Quatre années après, en 154 de l’hégire, à la suite d’une insurrection générale des peuples berbères, un chef de cette nation, nommé Abou-H’atem , se trouvait, par suite de la conclusion d’un traité avec les Arabes et de divers avantages remportés sur eux, Maître de Kaïrouân et de tout le Maghreb oriental. Il apprend qu’un nouveau gouverneur, envoyé par le khalife, s’avance contre lui. Abou H’atem se porte à sa rencontre dans la direction de Tripoli, laissant le gouvernement de Kaïrouân à Omar-el-Fahri, Arabe de naissance. Pendant l’absence du chef berbère, la garnison de Kaïrouân se révolte. Abou-H’atem revient alors sur ses pas; mais, à son approche, les révoltés sortent de Kaïrouân et se réfugient à Djidjeli , ou ils sont accueillis par les Ketâman(1).

Abou-H’atem reprend alors sa marche vers Tripoli, afin d’arrêter le nouveau gouverneur Iezîd, qui arrivait avec d’autres troupes. Un combat s’engage dans les gorges du Djebel-Nfous. Abou-H’atem y périt ; l’armée berbère est dispersée et Iezîd entre dans Kaïrouân(2).
Il est à remarquer que plusieurs Arabes de distinction avaient pris parti pour les rebelles. Parmi eux se trouvait le fils d’un ancien gouverneur de l’Afrique, ‘Abder-Rah’mân-ben-H’abib. La victoire d’Iezîd l’obligea de fuir, et ce fut encore chez les Ketâma qu’il se réfugia. Iezîd envoya des troupes à sa poursuite et fit cerner la tribu qui l’avait accueilli. Les troupes arabes eurent l’avantage sur les Ketâma, et ‘Abd-er-Rah’mân prit de nouveau la fuite.

 

Après ce dernier épisode, il s’écoule plus d’un siècle sans que le nom des Ketâma se présente à nous.
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1 Ebn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 67.
2 Ibid.
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Dès l’année 154 de l’hégire (771), ils possédaient la ville de Djidjeli , et vraisemblablement le territoire de cette ville(1).
Dans les premières années du Xe siècle, la tribu des Msâlta est indiquée par Ebn-Khaldoun comme habitant non loin de Sétif et comme faisant partie des Ketâma. Nous retrouvons encore aujourd’hui la même tribu dans le massif du Guergour, à l’est de la Kabylie , où elle paraît occuper le même territoire qu’autrefois( 2 ).

L’ensemble de ces indications de temps et d’espace prouve que, dès l’ouverture de la période arabe, les Ketâma occupaient tout le massif des montagnes qui forment aujourd’hui le littoral de Bougie , Djidjeli , de Kollo et de Philippeville .

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Histoire de la tribu de Kotama 2ème Partie

25 Mars 2009, 18:53pm

Publié par Nabil Mérimèche

Disparition des Kotamas.

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Déplacements considérables éprouvés par la Tribu Kotama

Toutes les révolutions qui se sont accomplies en Afrique ont amené des déplacements assez considérables de population, surtout dans les nations berbères, qui y avaient pris la principale part ou qui en avaient profité.

Il en fut ainsi de la révolution des Fatimites et de la nation des Ketâma. Il parait que jusqu’à cette époque leur territoire ne comprenait pas Sétif; c’est dans le cours de la guerre qu’ils se rendirent maîtres de cette ville, dont ils restèrent possesseurs depuis cette époque, après en avoir renversé les murailles, probablement la deuxième enceinte(2 ).

Un assez grand nombre d’emplois furent donnés à des Ketâma. Un personnage de cette tribu obtint le gouvernement d’Adjedabia, oasis(3 ) située au sud de Barka, un autre celui de Gabès(4 ), et cette dernière charge demeura héréditaire dans sa famille. Ce fut encore un Ketâmi qui eut la perception générale des impôts(5 ).

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2 Ibid. P. 534.
3 Kaïrouâni, p. 107
4 Id. ibid. — Bekri, p. 462.
5 Ibid.

Obeïd-Allah envoya pour gouverner la Sicile un des principaux chefs de la tribu des Ketâma, nommé El-H’acen-ebn-abi-Khanzir(1 ).

Les déplacements les plus considérables qu’éprouva la tribu des Ketâma eurent lieu par suite des expéditions entreprises par Obeïd-Allah et ses successeurs. Quelques années aprèsl’avènement du Mohdi, une révolte éclata en Sicile contre le gouverneur ketâmi qu’il y avait envoyé. Obeïd-Allah dirigea aussitôt sur cette Ile, pour la pacifier et l’occuper, une armée de Ketâma (2 ).

La conquête de l’Égypte, qui fut l’événement le plus remarquable arrivé sous la dynastie des Obeïdites, enleva aussi au territoire de cette tribu un grand nombre de ses habitants. Cardonne attribue au fondateur même de cette dynastie l’initiative de cette vaste entreprise(3 ). Suivant cet auteur, dès l’an 300 de l’hégire (912), il y envoya trois armées, qui furent repoussées.

Enfin une quatrième réussit à s’emparer d’Alexandrie. Il est probable, quoique l’histoire n’en fasse pas mention explicitement, que les Ketâma entrèrent en grand nombre dans la composition de ces armées. En effet, Bekri rapporte que de son temps on voyait encore à Ternout’, gros bourg situé sur les bords du Nil, beaucoup de ruines provenant d’édifices démolis par les Ketâma, lorsqu’ils campèrent en ce lieu sous la conduite d’Abou-el-Kâcem, fils d’Obeïd-Allah.

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1 Ebn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. 159.
2 Ibid. p. 160.
3 Cardonne, t. II, p, 63.


La dernière partie de cette assertion me parait inexacte, ou au moins obscure. Le règne d’Abou-el-Kâcem fut trop continuellement agité par l’insurrection d’Abou-Iezîd pour qu’il ait été possible à ce prince d’entreprendre en personne une expédition aussi lointaine. Selon toute apparence, l’indication de Bekri(1) se rapporte à l’une des expéditions entreprises sous le règne d’Obeïd-Allah, et dirigées probablement par son fils, qui devait être plus tard son successeur.

L’insurrection dont je viens de parler éclata dans les premières années du règne d’Abou-el-Kâcem. Elle ne dura pas moins de trente ans et faillit emporter la dynastie naissante. Elle avait pour chef un certain Abou-Iezîd, Zenâti d’origine, et tirait son principal appui de la tribu des Zenâta, bien que la plupart des autres lui envoyassent leurs contingents ; car les Ketâma et les S’enhâdja avaient seuls mis leurs bras au service des Obeïdites.

Les troupes qui furent opposées à l’insurrection se composaient surtout de Ketâma ; aussi en périt-il un grand nombre dans cette guerre. Nous pensons, au reste, que ces décimations pouvaient bien entrer dans la politique des khalifes, qui cherchaient ainsi à se débarrasser de ces auxiliaires turbulents et indisciplinés. L’année 350 offre un nouveau témoignage de l’insociabilité de ces Berbers.
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1 Bekri, p. 443

Parmi les personnages qui gouvernèrent la Sicile vers cette époque figure un certain Iaïch : « Cet émir, dit Ebn-Khaldoun, ne se montra pas à la hauteur de sa mission et demeura inhabile à réprimer les dissensions qui avaient éclaté entre les Ketâma et les Kabyles(1 ). « Sous le nom de Kabyles, l’auteur arabe comprend sans doute tous les Berbers des autres tribus, et principalement des S’enhâdja, qui participaient à l’occupation de la Sicile avec les Ketâma.

Vers cette époque, le khalife Moezz-lid-Dîn ordonna les préparatifs d’une expédition pour achever la conquête de l’Égypte, commencée sous Obeïd-Allah. Ce fut encore dans le pays des Ketâma qu’eurent lieu les principales levées de troupes(2). En 358, le kaïd Djohai se mettait en marche vers l’Égypte à la tête d’une armée formidable, composée en grande partie de Ketâma, c’est-à-dire de Berbers appartenant au massif de Bougie, Djidjeli, Kollo et Philippeville, et de Zouïliens ou gens de Zouïla , oasis du grand désert au sud de Tri-poli(3). De cette émigration de Ketâma, il est probable que bien peu revinrent au pays.

En 361, la conquête de l’Égypte était achevée, et Moezz-lid-Dîn abandonnait pour jamais le Maghreb, laissant entre les mains d’un S’enhâdji le gouvernement de cette contrée. Que devinrent les Ketâma ? Tout nous porte à croire qu’ils protestèrent contre le choix de Moezz-lid-Din et contre l’élévation au pouvoir de leurs anciens alliés, les S’enhâdja.
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1 Ebn-Khaldoun, traduit par M. N. Desvergers, p. I72.
2 Kaïrouâni, p. 108.
3 Id. ibid.


Cela résulte d’ailleurs de la mention suivante, que nous trouvons dans El-Kaïrouâni, sous l’année 367 de l’hégire : « C’est en cette année que le pays de Ketâma fut soumis et qu’on y perçut les contributions(1). » Il y eut donc, à la suite de l’avènement des émirs zeïrides, une rupture violente entre les S’enhâdja, devenus souverains du Maghreb, et les Ketâma exclus du pouvoir. La guerre qui s’ensuivit dut avoir pour résultat l’extermination d’un grand nombre de ces derniers.

 

Dispersion et dépérissement de cette tribu

Un autre événement, qui arriva quarante ans après, dut contribuer encore à l’affaiblissement des Ketâma.

La doctrine immorale et impie de l’ismaélisme, apportée dans le Maghreb central par Abou-Abdallah, n’y avait pas fait, selon toute apparence, un grand nombre de prosélytes ; dès les premiers jours de l’apostolat, on voit une tribu de Ketâma, voisine du foyer de l’insurrection, s’élever contre les prétentions d’Abou-Abdallah. Ne serait-ce pas d’ailleurs faire injure à la conscience humaine, que de la croire accessible à des doctrines de cette nature ? Les conversions durent se concentrer dans un cercle étroit autour de leur point de départ. Bientôt aux conversions succédèrent les soumissions, et la conquête à l’apostolat ; la plus grande partie du Maghreb dut subir le joug des nouveaux maîtres, sans pour cela adopter leur dogme.

Un certain nombre de tribus tomba dans le chiisme pur et crut à l’arrivée du Mohdi ; enfin un petit noyau d’adeptes, groupés autour du point de départ de la prédication, adopta seul la morale et le dogme ismaéliques.
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1 Kaïrouâni, p. 133.



Rapprochement entre mœurs des Kotamas et celles des tribus qui occupent Aujourd’hui le même territoire

Ces conjectures trouvent une justification remarquable dans la situation actuelle de la contrée qui fut le quartier général de la prédication et de l’insurrection fatimites. Les moeurs si étranges, attribuées par Édrici aux Ketâma, existent encore dans les tribus kabyles qui entourent les Beni-Slimân, chez les Guifsar , les Beni-Khâteb , les Beni-Khiar , et cerapprochement, joint à l’autorité de la synonymie, nous confirme dans l’opinion que cette vallée, dite des Gens de bien , appartenait au pays des Beni-Slimân actuels, et que la montagne d’où partit la révolution fatimite était ou le Djebel-Djoua ou le Kendirou.

Les S’enhâdja, qui avaient prêté un concours si utile aux premiers Obeïdites, surtout dans la guerre contre Abou-Iezid, le Jugurtha de ce temps-là, n’avaient pas, pour leur part, à ce qu’il semble, embrassé le chiisme ; car en 408, sous le règne de Moezz-ben-Badis, et pendant la minorité de ce prince, ses ministres résolurent le massacre de tous les Chiites, c’est-à-dire de tous ceux qui refusaient de reconnaître Abou-Bekr, Omar et Otman, et n’acceptaient que la descendance directe de Mahomet par Ali et Fat’ma. Cette Saint-Barthélemy africaine fut aussi inexorable que devait l’être plus tard celle de 1572. Les malheureux compris dans l’arrêt de proscription cherchèrent vainement un asile dans les Mosquées : ils furent impitoyablement massacrés, sans distinction d’âge ni de sexe(1).

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1 Cordonne, t. II, p. 107. Kaïrouanî, p. 138.

La proscription dut atteindre surtout les Ketâma. chez lesquels le chiisme était le plus répandu, à raison de la part qu’ils avaient prise aux succès d’Abou-Abd-Allah et à l’avènement du Mohdi. Il est certain qu’à dater de ce moment ils ne reparaissent plus dans l’histoire.

Disparition des Ketamas .

Cinquante-deux ans après, en 460, Bekri les mentionne comme appartenant à la tribu des Mas’moud’a. Près d’un siècle plus tard, Édrici signale l’étrangeté de leurs moeurs ; mais il constate l’état d’affaiblissement et de décadence où ils se trouvent; il ne restait plus alors, en effet, que quatre mille individus de cette nation qui, presque à elle seule, avait conquis aux khalifes fatimites le Maghreb et l’Égypte.

La turbulence de ce peuple, sa participation constante à tous les désordres qui agitaient le Maghreb, leur adhésion aux impiétés de l’ismaélisme, leurs moeurs, qui répugnaient à la conscience des peuples, avaient fini par appeler sur le nom de Ketâma la réprobation et le mépris de tous les hommes. C’est pour cela que, vers le milieu du VIe siècle de l’hégire, il ne restait plus que quatre mille personnes comprises sous ce nom ; car tel est le sens qu’il faut attacher à l’assertion d’Édrici.

Aujourd’hui, le nom des Ketâma a entièrement disparu de l’Afrique septentrionale ; il y a même plus de trois siècles qu’il n’en est plus question. Parmi des milliers de peuplades, groupes, tribus, fractions, dont j’ai recueilli les noms dans les États barbaresques, je n’en ai pas trouvé un seul qui porte ce nom ou qui le rappelle.

Quant au peuple lui-même, il n’a pas disparu ; les peuples ne disparaissent pas ainsi; au contraire, la présence des Beni-Slîmân et des Msâlta sur les lieux mêmes qu’ils habitaient autrefois prouverait que, si les Ketâma ont été fréquemment affaiblis par de larges saignées comme celles qui résultent de l’incorporation dans les armées et de la participation à des expéditions ou à des occupations lointaines, leurs tribus, du moins, n’ont pas éprouvé de grands déplacements.

Aussi retrouvons-nous aujourd’hui le même peuple, moins son nom, dans le massif montagneux qui fut son berceau : entre Bougie et Bône, nous retrouvons le peuple des Ketâma, avec ses instincts d’indiscipline plutôt que d’indépendance, avec la misère, fruit de ses désordres et de ses malheurs, avec des nuances tantôt de sang arabe, tantôt de sang berbère étranger.

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LA RESISTANCE DE MOULAY EL CHEKFA – 1871

25 Mars 2009, 18:39pm

Publié par Nabil Mérimèche

LA RESISTANCE DE MOULAY EL CHEKFA – 1871
1- Introduction:::
La résistance menée par Moulay El Chekfa est considérée comme l'un des maillons du combat mené contre le colonialisme français et sa politique en Algérie, basée sur la répression et l'injustice. Cette politique avait engendré une réaction très violente de la part du peuple algérien concrétisée par les résistances, les révoltes et les insurrections qui avaient marqué la période du dix neuvième siècle parmi lesquelles la résistance de Moulay El Chekfa dans la région de Jijel et ses environs.

2- Causes de la résistance de Moulay El Chekfa:
Parmi les causes les plus éminentes, figurent celles qui suivent: - L'influence de la résistance d'El Mokrani et Cheikh el Haddad sur les régions avoisinantes dont le Nord Constantinois; - La politique coloniale menée à l'égard des populations de la région, caractérisée par l'iniquité, l'injustice et la répression qui eut des conséquences dramatiques sur le plan socioéconomique pour le peuple algérien. La dimension religieuse qui avait sous tendu au premier degré toutes les résistances, les révoltes et les insurrections populaires, basée sur le conflit entre la religion musulmane du propriétaire des lieux et la religion chrétienne de l'occupant représenté par les Français impies.

3- Rôle de Moulay El Chekfa dans l'affrontement avec le colonialisme français:
 Le déclenchement de la résistance de Mohamed El Mokrani et Cheikh El Haddad eut un effet considérable sur Moulay El Chekfa qui s'empressa le 20 juin 1871 de proclamer son ralliement à l'insurrection contre les Français, ouvrant ainsi un deuxième front contre eux. Son combat débuta par la participation avec les révoltés de Zouagha le 4 juillet 1871 à l'attaque menée contre un convoi français venant de Constantine vers Sétif. Par la suite, il s'installa chez les tribus de béni Khattab puis se déplaça vers la région d'El Aroussa . Cheikh El Hocine Ben Ahmed, surnommé Moulay El Chekfa, réussit à gagner l'adhésion de bon nombre de tribus de la région et de leurs chefs dont les plus éminents furent Cheikh Ibrahim Ibn Ammar des tribus de Béni Abid, Cheikh Salah ben Souilah des tribus de Beni Ferghane, Cheikh Amar ibn Reffas des tribus de Meslem. Il parvint à unifier les rangs de la résistance dans la région de Jijel avec Cheikh Mohamed ibn Fayala, mokaddem de la zaouia

4- Déroulement des opérations
Les opérations de combat débutèrent par l'attaque menée contre le convoi militaire français le 4 juillet 1871 pour s'étendre par la suite à l’ensemble de la région de Jijel où eut lieu le 4 juillet de la même année l'attaque lancée sur la ville de Jijel. Les combattants avaient fait subir aux troupes françaises des pertes humaines et matérielles considérables.

De là, la révolte s'étendit au nord de la région d'el Milia puisque les combattants avaient lancé une attaque contre les troupes françaises basées dans la région.

Ensuite, l'opération de mobilisation s’étendit d'une région à l’autre, avec l’insistance sur la nécessité d'adhérer aux rangs de la résistance, des habitants d'El Achich et Béni Kaïd el Aqiba aux Béni Telilane à el Ma Labiod.

Les chouyoukhs parmi lesquels Mohamed Ben Fayala entreprirent d'adresser des correspondances aux chouyoukhs et populations de ces régions, les incitant à prendre les armes et détruire les infrastructures économiques mises en place par l'ennemi français. C'est ainsi que fut détruite la voie ferrée reliant la région de Constantine à Skikda et que les villages édifiés par les colons furent l'objet d'incendies et de destructions.

Le 27 Juillet 1871, les combattants dirigés par El Hocine ibn Ahmed appelé Moulay El Chekfa et Mohamed ben Fayala menèrent une grande bataille contre les troupes françaises , au cours de laquelle fut attaquée la région de Mila et brûlées les fermes des colons. Cette bataille qui eut lieu à Oued Cherchar entraîna des pertes considérables dans les rangs de l’ennemi.

Suivant un plan stratégique, El Hocine ben Ahmed se retira vers les tribus de Zouagha et Beni Khattab et s'installa parmi eux, alors que Mohamed Ben Fayala se réfugia auprès des tribus des Béni Habibi où il entreprit, avec ses troupes, d'incendier les fermes des colons et les forêts de Oued El Kébir et Oued El Zouhour.

Au début du mois d'août 1871, les combattants El Hocine Ben Ahmed et Mohamed Ben Fayala menèrent de nombreuses batailles contre les troupes françaises commandées par le Général Delacroix et l'officier Aubry, pour se déplacer ensuite vers d'autres régions afin d'étendre l'insurrection, parvenant ainsi avec leurs troupes jusqu'à Aïn Nakhla puis Fedj Binane et de là à Djebel Sidi Maarouf et Djebel Rouffi

5- Causes de l'échec de la résistance de Moulay El Chekfa
 Au cours de cette insurrection, le rapport des forces militaires entre les troupes algériennes constituées uniquement de volontaires animés par l'esprit de la guerre sainte, l'amour de l'indépendance et le renvoi des impies de la terre d'Algérie et une force coloniale dont l'objectif était la main mise sur les richesses du peuple, son asservissement et son avilissement par la force, puisant son expérience des grandes guerres menées en Europe, était une chose que les Algériens n'avaient jamais connu auparavant. A cela, il faut ajouter l'équipement militaire développé à l'époque en particulier l'artillerie lourde par laquelle la France coloniale s'était rendue célèbre.

Le manque d'équipement et l’absence de stratégie militaire, le manque d'expérience et de pratique sur le terrain caractérisant l'insurrection constituèrent les principaux facteurs de son échec. En effet , les troupes coloniales équipées d'armement et s'appuyant sur les traîtres à sa solde pour surveiller les mouvements des insurgés réussirent à encercler ceux-ci et à arrêter les deux héros El Hocine ibn Ahmed et Mohamed ben Fayala le 21 Août 1871.

 Cet événement n'eut pas d'incidence sur la poursuite de l'insurrection à Collo, Oued Kébir et Ferdjioua mais les troupes françaises réussirent à arrêter Cheikh Korichi alors que Cheikh Omar Bouarour avait réussi à s'enfuir par Béjaïa et à gagner clandestinement la Tunisie où il mourut en exil

6- Les réactions françaises
 Les régions où l'insurrection avait été déclenchée eurent à subir en représailles des exactions de la part des Français. Le premier acte criminel commis par les autorités coloniales françaises fut l'incendie et la destruction les 4 et 5 septembre 1871 des zaouias des deux chouyoukhs. Les populations furent dépouillées de leurs biens et certains habitants jugés et déportés. Des lois iniques leur furent appliquées afin de les sanctionner pour leur participation à l’insurrection. En fait, la réaction du colonialisme n'est que le prolongement de la politique française basée sur l'asservissement des peuples et leur humiliation

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TROIS SIECLES DE PRESENCE OTTOMANE

25 Mars 2009, 18:06pm

Publié par Nabil Mérimèche

TROIS SIECLES DE PRESENCE OTTOMANE

680 à 1546 - L'Algérie: de la conquête arabe à la conquête ottomane Après quelques siècles de paix relative sous l'autorité de Rome, le littoral algérien passe sous l'autorité de Byzance, héritière de Rome. Mais voilà que font irruption en 680 les armées de l'islam sous la conduite du célèbre Oqba, compagnon du Prophète.

 

Pénétration musulmane
La conquête arabe, à partir de la base de Kairouan, en Tunisie centrale, se révèle ardue du fait de la résistance opiniâtre des Amazigh). Ceux-ci perpétuent le souvenir d'une héroïne, la Kahina, qui combattit avec succès les troupes du général Oqba.

D'après les récits tardifs du grand historien musulman Ibn Khaldoun, la Kahina, de son vrai nom Dehia, était une Berbère des Aurès d'origine juive (son surnom aurait la même racine que l'hébreu Cohen). Nombreux en effet étaient en Afrique du nord les Berbères convertis au judaïsme depuis le début de notre ère.

Par réaction contre les exactions des gouverneurs arabes, les autochtones se rallient au kharidjisme, une secte musulmane qui évoque le protestantisme chrétien par son puritanisme et son rejet de la hiérarchie.

L'Afrique du nord est brièvement unifiée au XIe siècle par les Almohades venus du Maroc qui s'emparent du royaume berbère de Bougie et écrasent les Arabes de la tribu des Banu Hilal, venus d'Égypte un siècle plus tôt. La décomposition rapide de l'empire almohade entraîne à nouveau le fractionnement de l'actuelle Algérie en royaumes rivaux (Tlemcen, Bougie,...).

Les Espagnols en profitent au début du XVIe siècle pour prendre pied dans les ports : Mers el-Kébir, Oran, Bougie, Le Penon (en face d'Alger). Menacé, le roi d'Alger appelle à son secours des corsaires, les frères Barberousse.

En 1516, ces musulmans d'origine albanaise s'installent à Alger. Ils évincent le roi et, quatre ans plus tard, instituent la Régence et se placent sous la protection virtuelle du sultan d'Istamboul. Ils s'allient à l'occasion avec François 1er pour combattre l'empereur Charles Quint et favoriser les desseins du roi de France en Italie.

Alger, après la disparition en 1546 du dernier des frères Barberousse, reste sous la domination des corsaires musulmans ou renégats (chrétiens convertis à l'islam) que les Occidentaux prennent très vite l'habitude d'appeler Barbaresques (sic) !......

1546 à 1830 - L'Algérie à la veille de la conquête française
Au début des temps modernes, au XVIe siècle, dans la Régence d'Alger comme dans les autres ports, Bougie ou Oran, les corsaires obéissent à un dey ou un pacha au pouvoir discrétionnaire, théoriquement vassal du sultan d'Istamboul mais en fait indépendant.

Leur principale source de revenus est la guerre de course en Méditerranée, en d'autres termes la piraterie. Des recéleurs européens revendent le fruit des rapines en passant par le port franc de Livourne, en Italie.

Repaire de corsaires
On évalue à un million le nombre d'Européens de l'Ouest qui sont enlevés par les Barbaresques au cours de batailles navales et de razzias sur les côtes européennes, entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Les prisonniers sont réduits en esclavage dans les propriétés et les harems d'Afrique du Nord.

Les plus chanceux, comme le soldat Cervantès en 1575, sont libérés contre rançon. Quelques-uns arrivent à s'évader. C'est le cas du prêtre Vincent de Paul, futur saint de l'Église catholique, qui a été réduit en esclavage à Tunis en 1605. Les autres prisonniers n'ont guère d'autre choix que de se convertir. Cela nous permet de penser que la plupart des Algériens actuels ont des ancêtres provençaux ou corses.

Au XVIIe siècle, le roi de France Louis XIV relance la guerre contre les corsaires d'Alger et de Tunis en vue d'assainir la Méditerranée (et pour s'acheter une conduite de bon chrétien). Les galères d'Abraham Duquesne et de René Duguay-Trouin délivrent de la sorte de nombreux prisonniers chrétiens. Ces derniers, de retour en France, conservent le souvenir de leur captivité dans leur patronyme. Ainsi, les noms de famille comme Maury, Maureau, Moreau,... tous dérivés de Maure, évoquent un lointain ancêtre délivré par les galères de Louis XIV.

L'Algérie fantasmée
Au début du XIXe siècle, les Occidentaux imaginent encore Alger comme une caverne d'Ali Baba, pleine de trésors. Les peintures de Delacroix (Femmes d'Alger,...) reflètent ces fantasmes. Dans les faits, la guerre de course est depuis longtemps moribonde quand les Français débarquent à Sidi Ferruch, et Alger n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Alban Dignat.

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